Casa Capela
Casa Capela
Ses concepteurs développent depuis une vingtaine d’années une collection de maisons-hôtels ultra confidentielles dans le sud de Bahia, entre Trancoso, Serra Grande et des plages encore sauvages. Leur univers est très reconnaissable : un luxe pieds nus, profondément brésilien, où l’architecture dialogue avec la nature tropicale, les matériaux locaux, la cuisine bahianaise et un art de vivre presque spirituel.
Parmi leurs propriétés, Casa Capela est probablement la plus spectaculaire.
Posée sur la plage déserte de Pompilho, au sud de Bahia, cette maison semble surgir de la forêt et du sable comme une immense sculpture organique. Tout y est construit en bambou, bois de récupération et piaçava — cette fibre végétale typique du Nordeste utilisée pour les grandes toitures traditionnelles.
L’architecture est fascinante parce qu’elle ne cherche jamais à dominer le paysage. Au contraire, la maison disparaît presque dans son environnement. Le cœur du projet est une immense “oca” ouverte sur l’océan — une sorte de cathédrale tropicale coiffée d’un toit monumental en piaçava. Depuis cette pièce centrale, des passerelles couvertes de bambou rejoignent cinq suites indépendantes disséminées dans la végétation.
Ce qui marque surtout, c’est l’atmosphère. On est loin du luxe calibré des resorts internationaux.
Casa Capela évoque davantage un rêve tropical entre Bali, Bahia et les utopies modernistes brésiliennes des années 1970. Le lieu joue sur les ventilations naturelles, les ombres mouvantes, les matières brutes, les volumes ouverts sur les alizés. La nuit, avec les lanternes, le bruit des vagues et la structure de bambou qui craque doucement, l’expérience devient presque sensorielle.
Le projet a été imaginé par l’entrepreneur Flavio Marelim, l’un des fondateurs, qui a quitté Rio il y a plus de vingt ans pour s’installer dans le sud de Bahia et développer une vision très personnelle de l’hospitalité : des maisons privées qui se louent en entier avec les services d’un hôtel de luxe, mais une âme de refuge bohème chic.
L’intérieur, signé par la décoratrice Nanã Salles, célèbre l’artisanat brésilien : mobilier sculptural, fibres naturelles, bois patinés, objets chinés à travers le pays, textiles organiques… Rien n’est ostentatoire. Tout semble avoir été posé là naturellement.
Et puis il y a cette sensation rare de bout du monde.
La propriété est installée sur un terrain immense dont une grande partie reste protégée et totalement sauvage. La maison occupe seulement une petite portion du site afin de préserver la forêt et les dunes.
Notre avis
Un lieu tout à fait extraordinaire, unique, sensoriel : un lieu qui réussit à être spectaculaire sans jamais perdre sa douceur. Une architecture manifeste, mais profondément humble. Le genre d’adresse qui donne envie de repenser entièrement la manière de voyager… ou d’habiter.



